Avant l'invention de l'ampoule électrique, avant la construction des immeubles de bureaux et avant l'apparition des bâtiments à double vitrage anti-infrarouge, les humains vivaient dans un environnement bien plus vaste que ce que nous appelons aujourd'hui la lumière. La longueur d'onde de la lumière solaire se situe approximativement entre 300 et 2500 nanomètres. La partie visible de la lumière que nos yeux peuvent percevoir n'occupe qu'une petite fraction de ce spectre.

Le reste du spectre solaire, y compris les rayons infrarouges proches qui réchauffent la peau et qui, selon un nombre croissant d'études, semblent jouer un rôle vital au sein de nos cellules, est facilement disponible.
Puis nous sommes entrés à l'intérieur. Le spectre s'est progressivement réduit.
L'article est le suivant :
Éclairage ETI
Résultats de la recherche : Une étude évaluée par des pairs et publiée dans *Scientific Reports* par des chercheurs de l’University College London apporte des preuves solides de ce changement. Les chercheurs ont travaillé dans un bâtiment profond dont les fenêtres étaient entièrement recouvertes de films bloquant les infrarouges de grande longueur d’onde. Ils ont placé des lampes de bureau à incandescence à côté de 22 employés travaillant déjà sous un éclairage LED standard. Deux semaines plus tard, la sensibilité au contraste des couleurs, un indicateur clé de la performance visuelle, s’est améliorée d’environ 25 % sur les deux axes visuels principaux. Cette amélioration s’est maintenue quatre et six semaines après la suppression de l’éclairage à incandescence.
Le groupe témoin, utilisant des lampes LED similaires sans éclairage supplémentaire, n'a montré aucun changement substantiel.
Le mécanisme identifié par les chercheurs est lié aux mitochondries. Les longueurs d'onde de la lumière bleue des LED standard sont principalement concentrées dans la gamme 420-450 nm, tandis que les longueurs d'onde supérieures à 700 nm sont quasi inexistantes. Les auteurs suggèrent que ce déséquilibre spectral inhibe la fonction mitochondriale dans la rétine (le tissu au métabolisme le plus élevé de l'organisme) et que la réintroduction de longueurs d'onde plus longues peut atténuer partiellement cette inhibition.
Pourquoi la prudence reste de mise
Une lecture attentive est essentielle. Cette étude, menée auprès de seulement 22 participants, s'est déroulée au même endroit durant les mois les plus sombres de l'automne et de l'hiver au Royaume-Uni. Les participants n'ont pratiquement pas bénéficié de la lumière du soleil et ont été exposés à un éclairage incontrôlé à leur domicile pendant le week-end. Les arguments causaux avancés dans l'article dépassent largement ce que la taille de l'échantillon permet de conclure. Les auteurs ont même utilisé le terme « affaiblissement » dans le titre. Il ne s'agit là que d'une affirmation, qui ne fait pas encore l'objet d'un consensus.
Nous continuons de suivre ce domaine. En novembre 2024, nous avons fait état d'une étude publiée dans le *Journal of Environmental Psychology* qui montrait que l'irradiation proche infrarouge pouvait améliorer l'humeur et les indicateurs de stress dans des conditions contrôlées, mais nous avons également noté que ses effets sur la cognition étaient plus complexes.
Cette nouvelle étude de l'UCL ajoute un contexte de travail réel, un éventail d'interventions plus large et des résultats durables que les précédentes expériences à longueur d'onde étroite n'avaient pas réussi à produire.

